PRESSE - INTERVIEW

Rencontre avec Fern

Publié par Nathalie le 

 

Bonjour Fern,

Merci de bien vouloir te présenter en quelques lignes.

J’avoue que je ne suis plus tellement frais, quoique bien entretenu et sans usures ni dommages notables. Je crois que 1948 fut une bonne année.

Parfois quand même, p. ex. quand je participe à un festival, je me sens un peu comme un dinosaure, entouré de jeunes gens de 0 à 60 ans. Alors je me rappelle du fait, que le milieu de la bande dessinée – dessinateurs(trices) et lecteurs(trices) – n’a pas d´âge. D´après moi, c´est cela qui est à l´honneur de la BD – elle a le don de rajeunir. ^^

Comment ce projet professionnel est-il né ? Est-ce que tu dessinais auparavant ? As-tu fait des études artistiques ?

D’après les dires de mes parents, je griffonnais déjà très tôt en “illustrant” fréquemment les murs blancs de ma petite chambre. Mes parents n’étaient pas enchantés. Beaucoup plus tard, quand je leur ai annoncé mon désir de vouloir devenir dessinateur, ils ne furent pas enchantés non plus. À leurs yeux ce n’était pas une occupation honorable. Basta! Faire des études artistiques ne fut donc pas une option.

Mes parents me voyaient plutôt faire une carrière aux chemins de fer … parce que mon père, mon grand-père et deux oncles y ont fait carrière. Là c’était moi qui n´étais pas enchanté.

En manque de perspective, de soutien et après plusieurs petits boulots, je me suis inscrit comme volontaire dans le service militaire. Mes parents n’étaient pas enchantés une fois de plus.

Depuis combien de temps es-tu devenu professionnel ?

Dans les années 80 je gagnais ma soupe entre autres dans le journalisme free-lance et je publiais mes dessins un peu par ci et par là dans des journaux luxembourgeois. Durant ces années-là, je publiai un livre avec des aphorismes, un autre sur l’histoire de la littérature luxembourgeoise et un recueil avec des portraits d’auteurs luxembourgeois. Mon vrai début comme dessinateur fut en 1997. Un éditeur luxembourgeois me contacta pour illustrer une série de romans historiques. Le premier tome fut publié encore tout juste avant la mort subite de mon éditeur. Il n´avait pas de successeur. Ce fut cet homme qui m’a aidé notamment à percer dans le monde des livres et des dessinateurs.

Un an plus tard, en 1998, lors du Festival international de la Bande Dessinée de Contern, le rédacteur en chef d’un hebdomadaire luxembourgeois m’a proposé le job de cartooniste. Je crois que mes parents n’auraient pas été enchantés, s’ils l´avaient vécu, mais moi j’étais comblé.

Jusqu’en 2006 je travaillais à la fois pour plusieurs papiers du même groupe et je publiais simultanément 7 albums de cartoons et une bande dessinée. J´étais mordu.

Pourquoi avoir choisi ce genre pictural ?

Je n´ai jamais vraiment réfléchi à cette question. Je crois que ça correspond bien avec ma personnalité. J´aime lire et j´aime l´imagerie.

Quels obstacles as-tu rencontrés ?

À part les intentions et visions décourageantes de mes parents et plus tard de quelques-uns de mes instituteurs et professeurs, je n’ai pas rencontré d’obstacles notables.

Comment se passe une journée de ton activité ?

Comme je suis (aujourd´hui) un homme au foyer, ça dépend. Je n’ai pas d’horaire fixe, En principe j’aime bien dessiner très tôt le matin jusqu’à +- 11 heures et le soir assez tard. Il m´arrive aussi que je griffonne du matin au soir et il y a des jours où je ne dessine pas du tout.

Quel matériel utilises-tu ?

En rétrospective je crois que j’ai fait le tour du matériel. Au début, c’étaient les crayons, le charbon, l´encre de Chine, la plume et les pinceaux. Puis c’étaient les feutres fins et les copics. Pour la mise en page ce fut dès le début PS.

Depuis plusieurs années j’utilise une tablette graphique pour les illustrations et BD´s. Pour les commissions et les dédicaces, ce sont toujours encore les crayons, les feutres fins et du papier de qualité. Pour les couleurs, là j’avoue que j´ai toujours été un piètre coloriste. Je préfère jouer avec le n/b et les possibilités qu’il offre.

Comment trouves-tu l’inspiration ?

Parfois elle “me tombe dessus” par charges de camion, alors je n’ai pas assez de mains et de temps pour transposer toutes ces fantaisies. Dans de tels cas, ma femme (qui est autrice) m´aide à les déficeler et trier par ordre de faisabilité. En plus, j’ ai heureusement quelques copains scénaristes qui ont pitié de moi.

Il y a aussi des phases où rien ne se passe, mais c´est assez rare.

Peux-tu nous parler de quelques-unes de tes réalisations ?Est-ce que tu en préfères certaines ?

Mon premier né fut pour moi un succès inopiné. J’ai débuté avec un album de cartoons sur la médecine (titre: Au suivant) suivi un an plus tard d´un album sur le clergé (titre: Pater noster). C´était mon début dans l´humour noir mordant, suivi d´autres albums plus ou moins du même genre. Apparemment cela plaisait aux gens d´être confrontés avec les côtés absurdes de la vie quotidienne … il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

J’aime tous mes enfants… et je pense que c´est normal de préférer un peu les nouveau-nés.

Qu’envisages-tu pour l’avenir ? Tu te vois où dans cinq ans ?

L´avenir est toujours fiction. Je vais continuer à dessiner en espérant pouvoir garder mes fantaisies assez vivantes. À mon âge, on devrait être assez serein pour vivre le jour et être prudent avec des présages opulents. ^^

Aurais-tu quelques anecdotes liées à ton métier ?

Il y en a une particulière, qui m’est restée en bonne mémoire.

En 1999 fut publié mon album de cartoons “Pater Noster”, dans lequel je m’étais penché sur Dieu, sur l’Église catholique, son clergé et un peu sur la Bible.

Que de louanges de la gauche, des étudiants et des athées, sauf – on le devine facilement – du milieu clérical … dont un de ses membres me fit l’honneur dans son office dominical (dans une grande église de la capitale) d’un sermon assez long et furieux. Heureusement qu’il n’y avait plus de bûchers à cette époque-là …

Il s’avère que ce sermon devait être la promotion la plus efficace pour mon album … et il me motiva de sortir 2 ans plus tard un deuxième tome qui fut aussi un joli succès.

Quels sont tes rapports avec les différents acteurs de l’art ?

Comme je publie principalement chez des éditeurs indépendants, les rapports sont bien et parfois amicaux.

Quel amateur d’art es-tu ? As-tu un peintre ou un illustrateur(trice) préféré(e), un tableau, une BD ?

Oups, cette question pourra nous mener très loin. Je vais essayer de rester court. Les tableaux et les dessins de Rembrandt van Rijn m´ont déjà fasciné quand j´étais encore très jeune. Puis c’étaient les dessins et gravures de Gustave Doré et Frederic Remington qui me faisaient baver.

Pour l´humour noir ce furent Claude SerreAndré Franquin et peut-être Coyote et co ..

En ce qui concerne les illustrations et les bandes dessinées, c´est surtout le noir et blanc qui me fascine depuis toujours. Ce furent (entre tant d´autres) Frank FrazettaBernie WrightsonBurne HogarthJohn BuscemaMichael PloogMark Schultz … et William Vance qui m’ont impressionné déjà très tôt et durablement. Un peu plus tard, j´ai découvert le formidable Jean-Claude Gal.

Je m´arrête là, car en continuant l´énumération je crains d’en oublier. Il y en a tellement ….

Je ne saurais te dire spontanément quelle est ma BD préférée. J´ai grandi comme tant d´autres avec les “stars” du franco-belge Tintin, Astérix, Spirou, Sammy … les Américains tels que Conan et les Italiens comme Tex … et j’en passe.

Peut-être est-ce l’adaptation de Michael Ploog de “Tom Sawyer”. Mark Twain est depuis toujours mon auteur préféré et je trouve que monsieur Ploog lui a rendu un très bel hommage.

Qu’est ce que tu aimes ou détestes dans ton métier… ?

Je déteste quand un “vide” me tient dans ses griffes. J´aime quand je peux l´inonder avec de nouvelles idées.

Quelle est ton actualité du moment ?

Ayant fini les dédicaces pour le 1. tome de la bd “Sinnerman”, je me penche sur le 2. tome et parallèlement sur deux autres projets. Le boulot ne manque pas ^^

 
 
Portrait Chinois

A : Si tu étais une créature laquelle serais-tu ?

Un ange rejeté

B : Si tu étais un animal ?

Un chien de rue

C : Un plat ?

Spaghetti bolognese avec beaucoup de fromage parmesan

D : Un groupe, chanteur(se), musicien(ne)… préféré(e) ?

Bruce Springsteen

E : Une couleur ?

Noir

F : Si tu étais un roman ?

Huckleberry Finn (Mark Twain)

G : Si tu étais un tableau ?

La cathédrale de Jean-Claude Gal

I : Si tu étais une BD ?

La zone (E. Stalner)

H : Si tu n’avais pas été dessinateur, illustrateur ou graphiste qu’aurais-tu aimé faire ?

Peut-être fermier

 

Aurais-tu un petit mot pour les autres artistes ?

Continuez et restez authentiques !

 

 



 

Kobolde und Helden unter dem Stift

Marc Thill - Luxemburger Wort vom 16. Juni 2020

Das Festival international de la Bande dessinée in Contern hätte an diesem Samstag und Sonntag zum 27. Mal stattfinden sollen. Nur leider hat das Corona-Virus auch diese kulturelle Veranstaltung in eine – um es im Comic-Jargon auszudrücken – „leere Sprechblase“ verwandelt. Keine Comics in Contern in diesem Jahr, weder ein Tintin noch ein Astérix, auch nicht Spirou und Superjhemp – ihre Fans müssen auf ein nächstes Mal warten.

Der Luxemburger Zeichner Fern Weirich war bei fast allen Festivalausgaben dabei. Ihn hat dieses Bücherfest in den Straßen von Contern während seiner gesamten Karriere begleitet. Immer wieder saß er in der oftmals überhitzten Sporthalle und hat dort seinen Lesern Widmungen in die Bücher gezeichnet. Dieser Treffpunkt war für ihn aber auch ein wichtiges Sprungbrett: „1997 war ich ein erstes Mal dabei, damals präsentierte ich meine Cartoons. Ein Jahr später dann wurde ich während des Festivals von der Redaktion der Zeitung ,Le Jeudi‘ angesprochen, sie wollte von mir eine wöchentliche Karikatur. Ich sagte zu, und damit ebnete sich mir der Weg hin in die Welt der Publikation und der Medien.“

 

Mit „Le petit peuple“ wird Fern Weirich zum Ende des Jahres eine komplette Geschichte über das Leben von Kobolden und Wichteln in seiner Wohnheimat als Bande dessinée vorlegen.

Es blieb nicht nur beim „Le Jeudi“, auch die Tageszeitung „Le Quotidien“ wollte Karikaturen. Fern Weirich blieb der französischsprachigen Zeitung bis ins Jahr 2006 treu, hatte dann aber die Nase voll. „Der Druck, immer wieder eine Karikatur liefern zu müssen, war einfach zu groß, und darüber hinaus hatte Luxemburg auch nicht genügend Politiker mit Profil, um fortwährend neue Cartoons zu erfinden.“

Fern Weirich ist ein Autodidakt. Tusche und Bleistift packte er erstmals in den 1980er-Jahren an. Auch damals schon schickte er seine Werke in die Medien – manchmal wurden sie abgedruckt, meistens aber nicht. Dass eine große deutsche satirische Publikation ihn veröffentlichte, das freute ihn, in Luxemburg aber bemerkte es kaum jemand.

Nach seiner Cartoon-Phase widmete sich Weirich zunehmend der Buchillustration, auch daran fand er viel Spaß. Einfach nur Bilder zeichnen und seiner Kreativität freien Lauf lassen, das erfüllte fortan sein Künstlerdasein. „2008 habe ich mein erstes Buch in Deutschland beim Verlag TheNextArt unterbringen können, kein Comic, kein Karikaturenband, sondern ein Artbook“, erzählt der Zeichner.

Für eine Comic-Geschichte hatte Weirich damals noch nicht den langen Atem. „Um ein komplettes Album zu zeichnen, muss man schon viel Disziplin aufbringen, und die hatte ich in dieser Zeit leider nicht.“ Dem Zeichner fehlte aber auch der Szenarist, der ihm vielleicht die gute Geschichte geschrieben hätte. „Ich musste alles selbst machen, und da verliert man sich sehr schnell beim Zeichnen, man verheddert sich.“

Nun aber ist es so weit. Mit „Le petit peuple“ wird Fern Weirich zum Ende des Jahres nämlich eine komplette Geschichte über das Leben von Kobolden und Wichteln in seiner Wohnheimat als Bande dessinée vorlegen. Der französische Verleger Tuttistori Editions hat dem Zeichner sein Vertrauen geschenkt. 2012 hatte Weirich gemeinsam mit seiner Frau Beate im Verlag TheNextArt bereits „Die Wurzelwelt-Chronik“ herausgebracht, die sich ebenfalls mit der Welt der Wichtel beschäftigte. Das Thema ließ ihn seitdem nicht mehr los. Und so hat er zusammen mit seiner Frau den Stoff nun nochmals neu aufgegriffen und zu einer Fortsetzungsgeschichte ausgebaut.

Drei Bände sind dafür fest eingeplant, ein erstes Buch erscheint zum Jahresende, was danach kommt, weiß der Künstler nicht. „Ich bin ein alter Hund von 72 Jahren und mache mir deshalb keine Illusionen, man wird halt älter“, meint er schmunzelnd.

Er wird für diese Geschichte eine Mischung aus unterschiedlichen Zeichenstilen anwenden. Gerne lässt er sich dabei von der franko-belgischen Bande dessinée beeinflussen, aber auch vom amerikanischen Comic. Anders nämlich als in seinen Artbooks sind die Figuren in „Le petit peuple“ fröhlicher und nicht so düster, auch nicht so martialisch – sie haben etwas fülligere Formen.

„Ich mag den ,Old School Comic‘ aus den Vereinigten Staaten, so wie er dort in den 1960er- und 1970er-Jahren entstanden ist“, meint Weirich. Die geistigen Vorfahren seiner Heldenfiguren findet man daher vor allem in den amerikanischen Geschichten, etwa in „Tarzan“ und „Conan the Barbarian“, Hefte, die der Zeichner in seiner Jugend genauso verschlungen hat wie die französischen und belgischen BD-Klassiker „Tintin“, „Astérix“ und „Spirou“.

In seiner Kindheit war Weirich allerdings auch ein großer Fan von alldem, was aus der Feder von Gab Weis kam. Neben Pe’l Schlechter war Weis ein Pionier des Comics in Luxemburg und veröffentlichte unter anderem im „Luxemburger Wort“ und in der „Revue“. Weirich wollte mitunter sogar „Mil“, eine Figur, die Gab Weis geschaffen hat, wieder neu aufleben lassen, eine Idee, die sich aber mit der Zeit zerstreut hat.

 

Die Frage, ob „Le petit peuple“ vielleicht auch eine Anspielung auf das kleine Luxemburger Volk sei, beantwortet Weirich mit Jein. Er lässt dabei durchblicken, dass im zweiten Band ein kleiner König auftauchen wird, der Henri heißt. Ob damit der Großherzog gemeint ist, überlässt er dem Leser.

Wie dem auch sei, die Geschichte um das kleine Volk spielt sich nicht in Luxemburg ab, sondern in der Region Donnersberg in Rheinland-Pfalz, wo auch Fern Weirich wohnt. Es ist eine Hügellandschaft, die etwas hinterwäldlerisch und einsam ist, und dort sollen, wie der Zeichner betont, auch viele Sagen und Legenden herumspuken, aus denen er und seine Frau reichlich schöpfen können.

Der Verlag Tuttistori Editions, in dem das Buch erscheinen wird, ist eigentlich ein Kinderbuchverlag, der sich aber nun auch in der Comic-Sparte etablieren will und deshalb mit „Le petit peuple“ seine erste BD auf den Markt bringen wird. Weitere Comic-Zeichner sollen demnächst folgen.

Die Corona-Krise seit Mitte März hat Fern Weirich übrigens sehr gut gemeistert. Der Künstler hat die Zeit der Pause während des Lockdowns mit reichlich kreativer Arbeit aufgefüllt. So hat er unter anderem ein Sketch-Book zusammengestellt, das er im Eigenverlag unter dem Namen „Carbonara“ herausgebracht hat. Es enthält etliche Schwarz-Weiß-Skizzen von Porträts und Szenenbildern aus den Artbooks, die Weirich in den Jahren zuvor veröffentlicht hat. „Carbonara“ hat eine limitierte Auflage, die Bücher sind durchgehend nummeriert und sie verkaufen sich offenbar gut.

„Das ist ebenfalls ein positiver Nebeneffekt der Corona-Krise“, meint der Autor. „Da der französisch-belgische Markt stark auf Bücherläden ausgerichtet ist, die während des Lockdowns geschlossen waren, und da auch keine Festivals stattgefunden haben, blieb nur noch das Internet, und da hat man mich und meine Bücher offenbar gefunden.“

Die Festivals fehlen dem Künstler dennoch. In Luxemburg sieht man ihn auf dem Fantastikfestival Luxcon und natürlich in Contern, in Deutschland ist er in Dortmund, München, Hamburg, Aachen und Erlangen sowie auch auf vielen Festivals in Frankreich und Belgien präsent. „Will man Bücher verkaufen, dann muss man zu seinen Lesern.“ Hoffentlich klappt es 2021 wieder in Contern. Den Zeichnern fehlt es jedenfalls nicht an Geschichten.

 

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